Les ancêtres du Pouilly-Fuissé : héritages gallo-romains et moyenâgeux
De la vigne gallo-romaine au Moyen Âge : premières implantations
Les traces archéologiques sont formelles : la culture de la vigne dans le Mâconnais remonte à l’Antiquité. Les Romains, friands de collines bien exposées, plantent les premiers ceps dans la région autour du Ier siècle de notre ère – ils profitent ici d’une géologie singulière, alternance de calcaires à gryphées et de marnes à petits fossiles marins (source : INAO, « Dossier d’historique de l’appellation Pouilly-Fuissé », 2020).
Mais c’est au Moyen Âge que la culture viticole prend racine véritablement. Les abbayes, notamment Cluny puis Tournus, contrôlent une grande partie des terres. Moines et chanoines structurent le paysage viticole, défrichent, sélectionnent les emplacements prometteurs. Certains lieux-dits actuels, comme "Vers Cras" ou "Les Perrières", trouvent déjà leur toponymie dans les manuscrits médiévaux.
- XIIIe siècle : premières mentions de « vignobles de Fuissé » dans les textes de dîmes ecclésiastiques.
- XVe siècle : la vigne s’étend sur les collines entre Pouilly, Solutré et Fuissé, avec un notaire local évoquant « bon vin blanc de chardonnay ».
À cette époque, le chardonnay n’est pas encore le maître absolu : on trouve aussi du gamay, de l’aligoté, du melon. Les cépages blancs dominent, sans qu’il n’y ait encore de sélection poussée.
À table avec les Ducs : la reconnaissance bourguignonne
Les vignobles du sud de la Bourgogne attirent rapidement l’attention des élites. Les Ducs de Bourgogne, grands promoteurs du vin comme art de vivre et ressource fiscale, privilégient la qualité des crus mâconnais, bien qu’ils restent un peu dans l’ombre des stars que sont alors Beaune ou Nuits-Saint-Georges (source : Bernard C. Smith, « La Bourgogne viticole », CNRS Éditions).
En 1574, une ordonnance municipale de Mâcon rappelle que les vins de Pouilly et Fuissé sont soumis à des règles de vendange stricte, prémices d’une première protection de l’origine.