La longue histoire viticole : des Romains à la Révolution
Premiers ceps, premiers usages
Les premières traces de viticulture sur ces terres remontent à l’époque gallo-romaine, s’inscrivant dans la tradition du vignoble mâconnais. Des vestiges de villas, des outils, confirment dès le Ier siècle la présence de vignes, souvent associées aux cultures céréalières, à la polyculture et à l'élevage – ressources essentielles à la vie quotidienne de villages alors peu peuplés (source : Archives départementales de Saône-et-Loire).
- Pouilly : Mentionné dès le XIIe siècle comme « Pauliacum », village accroché à son église romane et son çhâteau seigneurial.
- Fuissé : Des textes du Moyen Âge évoquent déjà une culture de la vigne structurée autour des abbayes, notamment Cluny, qui jouait un rôle de prescripteur.
- Solutré & Vergisson : Longtemps orientés vers la polyculture, les habitants n’accordent à la vigne qu’une place secondaire, du moins jusqu’au XVIIe siècle.
Progressivement, le climat favorable du Sud Bourgogne, la qualité des sols marno-calcaires riches en manganèse (facteur rarement évoqué, qui explique la coloration parfois dorée des moûts), favorisent l’essor d’un vignoble encore fragmenté, morcelé, parfois difficile à travailler – relief oblige.
Le poids de la religion et de la seigneurie
Les grandes abbayes, Cluny et Tournus en tête, sont à l’origine de la structuration qualitative de ce vignoble. Les moines, experts en sélection parcellaire avant la lettre, repèrent très tôt les meilleurs « climats », les petites unités de terroir, autour de Pouilly et Fuissé ; leurs choix influenceront durablement la hiérarchie des terres.
- Les chartes ecclésiastiques du XIVe siècle mentionnent la « vigne du prieuré » sur les coteaux de Fuissé.
- Les droits féodaux orientent la mise en culture, les seigneuries assurant protection et organisation, mais captant une partie notable des récoltes (redevances en nature).
Julien : « Cette organisation explique la mosaïque foncière, un morcellement des parcelles qui perdure jusqu’à nos jours, et que la Révolution française accélérera par la redistribution des terres. »